Pour vous

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Les premiers chrétiens savaient pourquoi ils ont placé au centre du Credo l’expression [pour nous]. C’est « pour nous » que le Fils est descendu du ciel, c’est « pour nous » qu’il a été crucifié, qu’il est mort et fut mis au tombeau. Cela ne signifie pas seulement « en notre faveur » mais encore « à notre place », en prenant sur lui ce qui nous revenait. Dès qu’on fait la moindre réserve là-dessus, c’est l’affirmation centrale du Nouveau Testament qui tombe. Ce serait alors comme si l’on était déjà réconcilié avec Dieu sans cela, le péché serait déjà pardonné et vaincu ; la croix ne serait qu’un symbole particulièrement parlant de l’inaltérable amitié de Dieu, mais un symbole qui ne ferait que signifier sans rien opérer. Il n’y aurait plus d’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Dieu ne « réconcilierait » plus de « monde par son Fils », selon la parole de Paul. Nous serions subitement devenus des experts qui sont au fait de la bienveillance de Dieu, qui ne veulent pas que soit vraie la colère de Dieu, dont l’Écriture parle avec tant d’insistance, simplement parce qu’elle ne s’harmonise pas avec l’image de Dieu que nous nous sommes faite. Finalement, nous réduisons tout à une philosophie tout à fait transparente. Ce que Grünewald a tenté d’exprimer par sa Crucifixion nous apparaît finalement comme une exagération moyenâgeuse sans goût. Le prix élevé subit un rabais, et la grâce précieuse devient une faveur facile à obtenir.

Card. Hans Urs von Balthasar

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